Pièce #86

Ivre, il s’endort au volant de sa Tesla: la police réussit à arrêter la voiture

Paru sur BFMTV | 3.12.2018 | Julien Bonnet

En pleine nuit et sous l’emprise de l’alcool, un conducteur américain s’était endormi au volant de sa Tesla avec le mode semi-autonome activé. La police a réussi à immobiliser la voiture en évitant l’accident.
C’est une histoire, assez classique: un conducteur sous l’emprise de l’alcool qui s’endort au volant de sa voiture. Mais comme il s’agit du propriétaire d’une voiture ultra-moderne, en l’occurrence une Tesla Model S équipée d’un système de conduite semi-autonome lui permettant de suivre les lignes de la route, le fait divers ne se termine pas en drame de la route.

Course-poursuite du futur
En fin de semaine dernière, en pleine nuit, une voiture de police remarque une Tesla au comportement suspect, raconte le site Mountain View Voice. Le véhicule roule sur une autoroute californienne à un peu plus de 110 km/h, soit au-dessus de la limite sur cette portion. En arrivant au niveau de la Model S, l’officier de police remarque que son conducteur semble endormi. Il déclenche alors les gyrophares et sirènes pour le sortir de son sommeil, sans succès.

L’officier se doute alors que l’Autopilot, le nom de l’assistant de conduite chez Tesla, doit être activé. La voiture de police se positionne alors devant la Model S, qui adapte sa vitesse en fonction du trafic, et commence à décélérer. Rejoint par deux autres voitures de police pour encadrer la Tesla au conducteur assoupi, la voiture finit par s’immobiliser sur le bas-côté.

Sans surprise, une fois réveillé et après avoir soufflé dans le ballon, le propriétaire de la Model S était en état d’ivresse (DUI, pour “driving under the influence” aux Etats-Unis).

Pratique dangereuse
Une interrogation subsiste: comment a-t-il bien pu rouler en Autopilot sans déclencher les alertes et, surtout, la décélération automatique du véhicule qui s’active si le conducteur ne donne plus signe de vie? Si cela n’est pas précisé dans les articles relatant ce fait divers, il a par exemple pu utiliser un objet placé sur le volant pour simuler le fait qu’il le tenait bien en main. Une pratique du leurre, malheureusement déjà constatée chez certains conducteurs irresponsables et visant à tromper le système de surveillance mis en place dans les Tesla après un accident mortel en 2016.

Si l’accident a ce coup-ci été évité, les autorités continuent de sensibiliser sur les risques liés à une utilisation abusive de ces assistants très poussés mais pas infaillibles: “C’est formidable d’avoir une telle technologie, cependant nous devons rappeler au public que, même si cette technologie est disponible, les conducteurs doivent savoir qu’ils restent responsables pour garder le contrôle du véhicule”, a déclaré un des officiers de police présent lors de cette dernière arrestation.

Des assistants mais pas encore de conduite autonome
Ce n’est pas la première fois qu’un conducteur ivre est arrêté endormi au volant de sa Tesla. En janvier dernier, déjà en Californie, la police avait déjà immobilisé une Model S dans les mêmes circonstances. Une fois réveillé, le conducteur avait assuré aux policiers que la voiture était avec son mode Autopilot activé. Sous-entendu: cela ne posait donc pas vraiment de problème. Pour rappel, aux Etats-Unis comme en France et partout dans le monde d’ailleurs, le conducteur doit absolument rester maître du véhicule à tout moment. Et cela, même s’il dispose d’une voiture équipée de tous les assistants de conduite actuellement proposés, même les plus poussés.